Marie-Catherine au musée de Constitution Hill à Johannesburg.
Afrique du Sud

Johannesburg sur les traces de l’Histoire de l’Afrique du Sud

Dernière étape de notre séjour de 3 semaines en Afrique du Sud, nous voici dans la capitale du pays : Johannesburg. Née à la fin du XIXème siècle avec la ruée vers l’or, la ville s’est construite à toute vitesse, attirant fortunes et fractures sociales dans un même mouvement. Puis est venue l’histoire plus sombre de l’apartheid, qui a profondément marqué son urbanisme, ses habitants et son identité.

Murs en brique rouge et photos en noir et blanc du musée de l'Apartheid à Johannesburg.

Aujourd’hui, “Joburg” est une métropole en pleine transformation. Vibrante, créative, elle offre une immersion unique dans l’histoire récente de l’Afrique du Sud. C’est ici que nous avons plongé au cœur du passé Sud-Africain, notamment à travers la visite du quartier de Soweto ou du musée de l’apartheid, qui permettent de mieux comprendre les cicatrices encore visibles laissées par cette période. Mais Johannesburg, c’est aussi une ville tournée vers l’avenir, avec ses quartiers créatifs, ses galeries d’art et ses restaurants branchés. On vous raconte les 2 jours que nous avons passé dans la capitale pour saisir toute la complexité et la richesse de l’Afrique du Sud.

Tout savoir avant de visiter Johannesburg

La ville n’est pas « touristique » au sens classique du terme car elle n’est pas évidente à aborder. D’abord en terme d’aménagement urbain. Johannesburg n’a pas de centre historique charmant, elle est fragmentée et étalée. L’un de ses quartiers les plus connus, Soweto est à 15 kilomètres de l’épicentre de la ville.

Ensuite, peu de transports publics et les distances sont importantes entre les lieux d’intérêt. Il vous faut impérativement être véhiculé ou opter pour des VTC. Le choix du mode de transport rejoint d’ailleurs mon point sur la sécurité. Johannesburg n’est pas une ville où l’on flâne sans plan. On évite de sortir la nuit et de se déplacer à pied en dehors des zones très fréquentées. Concrètement on est en mode organisé, on oublie le mode spontané et on se fait conduire d’un point A à un point B.

Enfin, Johannesburg à une histoire lourde encore très présente. L’apartheid n’est pas un passé lointain ici. Ce système politique structure encore, en partie, les inégalités et les quartiers. On ne visite pas « légèrement » Joburg, on accepte d’être confronté à des réalités sociales parfois difficiles. Notamment lors de la visite du quartier de Soweto.

Photos de rues et maisons de tôles du quartier de Soweto à Johannesburg.

Dans quel quartier se loger ?

Le choix du quartier est essentiel pour profiter sereinement de votre séjour. Nous avons logé 2 nuits dans l’appartement de Wirie à Parkview. Un quartier résidentiel où l’on trouve de jolies maisons et d’agréables espaces verts. L’appartement était spacieux et confortable, décoré avec panache. Melrose Arch est également un quartier très populaire. Il est sécurisé et fonctionne presque comme une bulle : hôtels, restaurants, boutiques, le tout dans un environnement propre et surveillé.

Une bonne adresse pour manger à vous partager Mike’s Heritage House. Installé dans une maison traditionnelle, le lieu propose une cuisine sud-africaine authentique, servie dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Le jardin dans lequel nous avons déjeuné était très agréable.

Comprendre Johannesburg : nos incontournables

Le township de Soweto

Impossible de visiter Johannesburg sans passer par Soweto. Le quartier le plus célèbre d’Afrique du Sud, le bidonville le plus connu au monde, est un quartier chargé d’histoire. C’est l’endroit qui a vu naître Nelson Mandela en 1918 et qui fut au cœur des premiers soulèvements des populations noires contre l’apartheid.

Aujourd’hui, le township est apaisé et nous l’avons visité en visite guidée en tuk-tuk. Accompagné d’un guide anglophone qui vit dans le quartier, vous irez dans différents quartiers qui composent Soweto. Une visite qui nous a permis de découvrir une réalité contrastée, entre difficultés persistantes et une énergie incroyable. Près de 2 millions de personnes habitent ici dans cette métropole tentaculaire.

On y découvre un véritable labyrinthe de rues et de sous-quartiers extrêmement vivants. Orlando West, Kliptown. Nous avons fait une pause sur Vilakazi Street, la rue aux 2 Nobel. Eh oui, dans une même rue, vous avez la maison de Nelson Mandela, Prix Nobel de la paix en 1993 et celle de Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix en 1984. Notre guide était génial, il nous a livré son histoire, nous a fait découvrir son quartier qu’il nous a raconté avec passion.

Si vous avez 7 minutes, je vous recommande ce reportage qui traduit fidèlement ce que nous avons ressenti en visitant le township de Soweto.

L’incontournable musée de l’apartheid de Johannesburg

C’est, entre autres, pour la découverte de ce musée que nous avons décidé de faire une escale à Johannesburg. Bien plus qu’un musée, c’est une expérience immersive qui permet de mesurer concrètement la violence du système de ségrégation mis en place pendant des décennies.

Dès l’arrivée, le ton est donné. À l’entrée, chaque visiteur reçoit un billet indiquant une identité raciale attribuée aléatoirement : “White” ou “Non-White”. Une séparation symbolique, mais qui oblige à emprunter des entrées différentes. En quelques secondes, le musée réussit à faire ressentir — même de manière infime — l’absurdité et la brutalité du système apartheid.

Exposition photo à l'intérieur du musée de l'Apartheid, Johannesburg

Photographies, vidéos d’archives, témoignages, objets du quotidien, installations sonores : tout est conçu pour confronter le visiteur à cette histoire sans filtre. On découvre progressivement comment les lois ont organisé la séparation des populations jusque dans les moindres aspects de la vie : écoles, transports, mariages, quartiers, travail… L’ampleur du contrôle social est difficile à imaginer tant qu’on ne la voit pas racontée aussi clairement.

Nelson Mandela

La figure de Nelson Mandela occupe évidemment une place importante dans le musée de l’apartheid. Il met en lumière l’ensemble des mouvements de résistance, les militants anonymes, les étudiants, les journalistes, les femmes engagées dans la lutte. On comprend alors que la fin de l’apartheid est le résultat d’un combat collectif immense et non l’engagement d’un seul.

Certaines salles sont difficiles à traverser : images des violences policières, récits des humiliations quotidiennes… Mais c’est précisément ce qui rend cette visite essentielle : le musée ne cherche pas à rendre l’histoire confortable. Et pourtant, malgré la dureté du sujet, on ressort avec autre chose que du désespoir. Le musée raconte aussi la résistance, la dignité et la capacité d’un pays à tenter de se reconstruire. Il rappelle que la démocratie sud-africaine est récente, fragile, mais issue d’un combat extraordinaire.

C’est une visite absolument incontournable pour comprendre Johannesburg et plus largement l’Afrique du Sud. Comptez environ 240 ZAR (environ 12 € / pers). Et du temps, du temps, du temps, nous y avons passé plus de 3 heures.

Marie-Catherine devant le drapeau d'Afrique du Sud au musée de l'Apartheid à Johannesburg.

Constitution Hill : de prison à Cour constitutionnelle

Derrière ces murs se cache une Histoire immense, faite de souffrance, de résistance et de reconstruction démocratique. Avant de devenir le siège de la Cour constitutionnelle sud-africaine, Constitution Hill était une prison. Pendant des décennies, des milliers de personnes y ont été enfermées : opposants politiques, militants contre apartheid, hommes, femmes et même enfants arrêtés pour avoir simplement enfreint les lois raciales du régime. Nelson Mandela et Mahatma Gandhi y ont notamment été détenus. Les conditions de détention étaient extrêmement dures, et chaque pièce rappelle la violence institutionnelle qui structurait l’Afrique du Sud à l’époque.

Marie-Catherine au musée de Constitution Hill à Johannesburg.

Aujourd’hui, le site abrite la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays. Construite après la fin de l’apartheid, elle symbolise la volonté de bâtir une société fondée sur les droits humains, l’égalité et la démocratie. L’architecture même du lieu porte ce message. Beaucoup d’éléments de l’ancienne prison ont été conservés et intégrés au nouveau bâtiment, comme pour rappeler que la démocratie sud-africaine s’est construite sur les ruines d’un système profondément injuste. Les briques des anciennes cellules ont même été réutilisées dans certaines parties du tribunal. Comptez 150 ZAR (environ 6 € / pers).

Marie-Catherine devant la cellule de Nelson Mandela au musée de Constitution Hill à Johannesburg.

Satyagraha House, la maison de Gandhi

Dernière visite de notre séjour, la Satyagraha House. C’est dans cette maison que Gandhi vécu un an en 1908. À l’époque, Gandhi est un jeune avocat installé en Afrique du Sud, confronté aux discriminations raciales visant les populations indiennes. C’est précisément durant ces années qu’il commence à élaborer son concept de Satyagraha, la résistance non violente fondée sur la vérité et la désobéissance civile.

Cette maison discrète était son laboratoire intellectuel et spirituel d’une pensée qui influencera ensuite le monde entier. La maison a été soigneusement restaurée. Le lieu reste volontairement sobre : mobilier simple, espaces épurés, jardins paisibles. Cette simplicité fait partie de l’expérience. On comprend rapidement que Gandhi cherchait déjà à mettre en pratique une forme de vie fondée sur la discipline, la sobriété et la réflexion intérieure. On découvre des lettres, des photographies et des objets personnels qui permettent de mieux comprendre l’évolution de Gandhi durant ses années sud-africaines. Il passera 21 ans en Afrique du Sud.

La visite est particulièrement intéressante, car on réalise aussi que Johannesburg a joué un rôle majeur dans la naissance d’une pensée politique fondée sur la désobéissance civile et la résistance pacifique. Des idées qui inspireront plus tard de nombreux mouvements de lutte pour les droits civiques. Comptez environ 100 ZAR (5 € / pers).

Que dire pour conclure un si beau voyage ? Ces 3 semaines en Afrique du Sud resteront profondément marquantes, tant par la diversité des paysages que par la richesse des expériences vécues. Au-delà des images de carte postale, l’Afrique du Sud est un pays qui interpelle, qui questionne et qui touche. Son Histoire, encore très présente, se mêle à une énergie vibrante et à une nature omniprésente, créant une destination à la fois dépaysante et profondément humaine.

Exposition sur Mandela et Gandhi au musée de Constitution Hill en Afrique du Sud
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