Intérieur du Hall des Sources de Vichy dans l'Allier.
Auvergne-Rhône-Alpes

Vichy, Charroux, Moulins : un long week-end dans l’Allier

Villages et villes d’art et d’Histoire, patrimoine culturel, nature et œnotourisme, c’est la promesse d’un week-end dans l’Allier. Situé au nord de l’Auvergne à seulement 2 h 30 de Paris et 2 h de Lyon en train, nous avons eu le plaisir de passer quelques jours à la découverte de ce département tout début octobre 2023. La pétillante Vichy, la médiévale Charroux ou encore la bourbonnaise Moulins, l’Allier à de quoi offrir ! Vous nous suivez ?

Carte de notre week-end dans l'Allier : Charroux, Moulins, Vichy et forêt de Tronçais.

Une journée pétillante à Vichy

Se promener à Vichy, c’est se promener dans l’Histoire. Réputée pour ses sources thermales, la ville a une richesse culturelle et un patrimoine architectural étonnants. Quartier thermal, maisons de style anglais, façades baroques, chalets Napoléon III, opéra de style Art nouveau… Ce n’est pas pour rien que Vichy est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2021, faisant partie des grandes villes d’eaux d’Europe.

C’est un vendredi soir que nous arrivons à Vichy par le train direct depuis Paris. Nous logeons en plein cœur de la ville à l’Hôtel Les Nations. Premier aperçu de Vichy la nuit et nous sommes déjà sous le charme.

Vichy, ville thermale à l’eau miraculeuse depuis plus de 2 000 ans

Un peu d’histoire

Surnommée « la reine des villes d’eaux », les vertus des eaux thermales de Vichy sont reconnues dès l’Antiquité. Elles sont riches en sels minéraux et en oligo-éléments qui proviennent des volcans d’Auvergne. L’histoire du thermalisme tel qu’on le connaît à Vichy démarre il y a plus de 2 000 ans. Au XIXè siècle, Napoléon III effectue plusieurs cures ici et impulse des projets d’urbanisme qui vont profondément transformer la ville : aménagement des routes, construction d’un casino, d’une église, de l’Hôtel de Ville et de pavillons pour loger la suite impériale. Au tournant des XIXè et XXè siècles, de belles villas d’architectes sortent de terre. Letizia Bonaparte, la Marquise de Sévigné, la Duchesse d’Angoulême, Coco Chanel… De nombreuses personnalités ont fréquenté Vichy pour soigner leurs maux et participer aux loisirs festifs de la ville.

Pendant la seconde Guerre Mondiale, la ville devient capitale de la France. C’est le régime de Vichy du Maréchal Pétain. Des années préjudiciables pour l’activité économique. Il faudra attendre les années 60 pour que la station thermale attire de nouveau les curistes du monde entier.

Des spécialités célèbres

Bien sûr, on ne peut évoquer la ville sans parler de ses pastilles ! La spécialité octogonale et blanche à la menthe a été créée par un chimiste qui imaginait en faire un médicament aux vertus digestives. À partir de 1914, les pastilles Vichy sont commercialisées comme confiserie. Pour goûter les vraies, foncez à la confiserie « Côté Sucré », 11 rue Georges Clemenceau, seule boutique de la ville où les pastilles vendues sont artisanales.

Autre fabrication locale de l’époque : le tissu à carreaux Vichy. Au début du XIXè siècle, de nombreuses filatures prospèrent dans l’Allier Bourbonnais. En 1863, Napoléon III et Eugénie visitent la filature des Grivats et découvrent ce tissu à carreaux qu’ils ramènent à Paris. La mode est lancée. Tombée dans l’oubli, c’est Brigitte Bardot qui relance la tendance dans les années 50. Aujourd’hui, le célèbre carreau n’est plus une spécialité de Vichy et sa région mais il a gardé son nom.

Vichy, les incontournables

Le hall des sources et le grand établissement thermal

Un des lieux à ne pas manquer à Vichy : le hall des Sources. C’est dans ce magnifique hall d’époque 1 900 que l’on peut goûter aux eaux de Vichy, riches en magnésium. Surprise : elles pétillent naturellement ! Seule la source Célestin est accessible librement. Les autres font partie d’un parcours dédié aux curistes. Juste en face, passez devant le grand établissement thermal qui date du début du XXè siècle. C’était à l’époque le plus grand établissement thermal au monde. Étonnant par son architecture orientale et son entrée principale décorée de fresques peintes.

Le pavillon de la source des Célestins

Un peu à l’extérieur du centre-ville, face au parc Kennedy, se trouve le pavillon historique de la source des Célestins. Construit au début du XXè, il abrite la source aménagée dans une grotte artificielle. La fameuse eau de Vichy Célestins est aujourd’hui la seule source de la cité thermale mise en bouteille. Alors pensez à prendre vos gourdes !

Je bois vichy,
Vichy célestin,
Je me sens belle, je me sens bien,
Je bois vichy, vichy célestin,
Légère au quotidien,
Mon corps connaît bien son refrain,
Vichy célestin, je me sens bien !

Les chalets et le parc Napoléon III

Dans le prolongement du parc Kennedy, se trouve le parc Napoléon. Tous deux situés le long des berges de l’Allier, il fait bon y flâner entre les arbres centenaires. Mais l’attraction du parc Napoléon sont ses chalets ! (Oui vous avez bien lu). Dans sa frénésie d’aménagements pour faire de Vichy « LA » ville thermale qui attire la bourgeoisie de l’époque, Napoléon III a fait construire de magnifiques chalets en bordure du parc. Des chanceux y vivent et ils ne se visitent malheureusement pas mais ils valent le détour rien que pour leurs façades.

La balade se poursuit le long des berges de l’Allier où guinguettes et plages sont aménagées pour les activités estivales.

L’Opéra de Vichy

Dernier immanquable de Vichy : l’Opéra ! Inauguré en 1901, c’est le seul opéra de style Art Nouveau de France. Théâtre, opéra, danse, expositions, concerts… C’est aujourd’hui le Palais des Congrès et le centre d’expositions de la ville à la programmation riche. L’intérieur se visite (nous ne l’avons pas fait). La façade est vraiment magnifique !

Charroux, seul plus beau village de France de l’Allier

Nous quittons Vichy pour 30 minutes de route direction un village quelque peu hors du temps : Charroux. Ancienne cité médiévale, autrefois fortifiée, Charroux est la seule commune classée « Plus Beaux Villages de France » de l’Allier. Toute l’architecture du village est bâtie sur un plan circulaire dont le centre part de la « cour des Dames ». Portes monumentales, tour de fortification, façades en pierres sculptées, église, beffroi et halle du marché font de Charroux une cité de caractère. Nous avons eu le plaisir de la sillonner une après-midi en compagnie de Delphine, guide pour l’office de tourisme du Val de Sioule.

Charroux : le village des artisans

Au-delà de la beauté de ses vieilles pierres, le village de Charroux vit grâce à ses nombreux artistes et artisans d’art. Et vous pouvez me croire, ils sont l’âme de la cité et ont, eux aussi, du caractère ! On vous parle de nos belles rencontres.

Les bougies de Charroux, 9 rue de l’Horloge

L’histoire des bougies de Charroux démarre avec l’installation de Joëlle et Jean-Paul à Charroux. Un peu par hasard, Joëlle se lance dans la création de bougies et Jean-Paul travaille le bois. Ils ouvrent alors leur première boutique « Bois et Bougies » dans la belle maison à colombages du village. Un concept simple : des bougies artisanales aux senteurs naturelles dans des pots de confitures. C’est un carton. Aujourd’hui l’entreprise familiale Les bougies de Charroux compte plus de 20 boutiques et s’exporte à l’international. Même avec ce succès, leurs principes demeurent : rester fidèle à la fabrication artisanale pour proposer des produits de qualité, respectueux de la santé et de l’environnement. Foncez et préparez votre nez : il y a plus de 100 parfums à découvrir.

Les confitures de Charroux, 19 rue de l’Horloge

Julien, artisan confiturier, prépare ses confitures avec des fruits et légumes frais de saison. Près de 180 recettes originales aux saveurs et parfums surprenants sont préparées dans sa cuisine juste derrière la boutique. Un voyage gustatif aux noms doux et sucrés : fraise cannelle, orange anis étoilé, clémentine menthe, poire aux épices, patate douce lait de coco vanille… Et la plus surprenante : la confitouille (on vous laisse aller déguster pour en comprendre les secrets !).

Moutarde de Charroux, 3 rue de la Poulaillerie

Spécialité fabriquée dans le village par 3 moutardiers à partir du XVIIIè siècle, la Moutarde de Charroux a malheureusement disparu au début du XXè siècle. C’était sans compter sur Simone et Claude qui se sont installés à Charroux en 1989 avec la volonté de faire revivre cette tradition. Nous voici aujourd’hui dans le temple d’Olivier, leur fils, devenu lui aussi maître moutardier. L’entreprise familiale fabrique avec passion une moutarde à l’ancienne artisanale qui respecte la tradition ancestrale. On peut en témoigner, la moutarde, tout comme le maître des lieux, ont du caractère ! Ce n’est pas pour rien que la Moutarde de Charroux est distinguée parmi les meilleures de France. Elle relève les plats de nombreux grands chefs cuisiniers. Une belle rencontre !

L’atelier poterie Terres de Couleurs, 22 Grande Rue

Nous voici chez Nathalie, potière du village. Après une première vie en tant que cadre dans une grande banque parisienne, Nathalie a mis les mains dans la terre et la poterie s’est imposée à elle comme une évidence. Voilà presque 3 ans qu’elle a ouvert son atelier boutique Terres de Couleurs, ressuscitant la poterie céramique à Charroux. Une artiste accomplie qui façonne bols, assiettes, tasses et autres plats en grès. Une merveilleuse rencontre !

Si le village séduit grâce à son charme médiéval, c’est surtout l’authenticité et la gentillesse de ses habitants qui nous ont marqué. Nous avons passé une merveilleuse après-midi avec ces passionnés de leur terroir qui ont pris le temps de nous partager leur savoir-faire.

Où loger et dîner à Charroux ?

Plusieurs adresses gourmandes à Charroux. Nous avons dîné en terrasse à l’Auberge Le Médiéval pour une cuisine de terroir généreuse.

À l’heure de dormir, nous avons eu le plaisir de passer la nuit à La Cour Pavée, gîte et chambre d’hôtes de charme. Encore une jolie histoire que celle de Christine et Jacques, à l’origine auvergnats du sud. Venus passer un week-end à Charroux, ils sont tombés amoureux de cette ancienne ferme charloise, en vente lors de leur passage. Un havre de paix avec vue et une belle rencontre avec Christine, avide de voyages et d’aventures !

La majestueuse forêt de Tronçais

Notre escapade dans l’Allier se poursuit en pleine nature. À l’origine possédée par les ducs de Bourbon, la forêt de Tronçais est devenue propriété de l’Etat sous François 1er. Au XVIIè siècle, Colbert lance son reboisement afin de créer une réserve pour les chantiers de marine de Louis XIV. Étendue, sur près de 11 000 hectares, la forêt de Tronçais est l’un des plus beaux massifs forestiers de France qui compte des chênes plusieurs fois centenaires.

Labellisée Forêt d’Exception, elle est aujourd’hui reconnue comme une forêt écologiquement riche avec un modèle de gestion durable. Les chênes de la forêt de Tronçais sont utilisés pour la fabrication de tonneaux de cognac ou de grands crus de vins. Pas étonnant donc que 26 de ses arbres aient été sélectionnés pour la réhabilitation de la charpente de la flèche de Notre-Dame de Paris.

La forêt compte une faune riche. Des points d’observation ont été aménagés pour tenter d’apercevoir cerfs et oiseaux. Mais la magie de cette forêt, nous l’avons ressentie sur le circuit des chênes remarquables. Un itinéraire de 8 km qui conduit au pied des plus vieux arbres du massif âgés de plus de 400 ans pour certains. Évidemment, Charlotte se n’est pas privée de faire un énorme câlin au chêne Stebbing. Plus de 4 siècles qu’il trône ici en forêt de Tronçais.

Après cette belle randonnée, nous avons déjeuné en terrasse au restaurant Le Tronçais. Des plats traditionnels avec des produits locaux et de saison, le tout dans un cadre verdoyant magnifique. Tout ce qu’on aime !

L’unique vignoble de l’Allier : Le Saint-Pourçain

Qui dit escapade, dit vignoble ? Ces derniers temps, nous avons pris goût à l’œnotourisme ! Après la Champagne et le Marsannay en Bourgogne, nous ne pouvions passer à côté de l’unique vignoble de l’Allier. Nous voici en appellation Saint-Pourçain, considéré comme l’un des plus anciens vignobles de France. Sa particularité ? On y trouve un cépage unique au monde : le tressallier. 600 hectares répartis sur 19 communes, l’appellation Saint-Pourçain compte une quinzaine de vignerons indépendants. Le Saint-Pourçain existe dans les trois couleurs : blanc, rouge et rosé.

Nous avons eu le plaisir de visiter le Domaine Gardien avec Olivier, 3ème génération de vigneron. C’est son grand-père qui a planté les premières vignes à Besson en 1924, entre des cultures céréalières et l’élevage de bêtes. Au fur et à mesure du temps, la recherche de qualité conduit une partie de la famille à se concentrer sur le vin. Le vignoble se restructure et s’agrandi. Il compte aujourd’hui 21 hectares.

Ici on pratique une agriculture raisonnée et les chevreuils apprécient 🙂

Après une balade dans les vignes, nous avons le plaisir de visiter la cuverie et la cave historique du domaine où vieillissent les plus belles cuvées en foudre. La visite se termine en beauté avec une dégustation de toutes les couleurs de vin du domaine accompagnés d’un plateau de produits locaux. Encore un passionné de son territoire ! Un très beau moment.

Moulins, capitale des Ducs de Bourbon et de l’Allier

La dernière étape de notre escapade, Moulins, est la ville préfecture de l’Allier. Ancien duché de la puissante famille des Bourbons, Moulins a conservé un patrimoine historique et architectural important. Pour le découvrir, il suffit de se balader dans les ruelles médiévales du centre historique entre maisons à pan de bois, demeures bourgeoises et façades Art nouveau.

Se balader dans le centre historique de Moulins

Le cœur du patrimoine de la ville se concentre autour de la Place du Colonel Laussedat. On y trouve la Cathédrale Notre-Dame, très originale avec son style gothique noir et blanc : mélange de pierres de calcaire et de pierre noire des volcans d’Auvergne. En face se trouve la tour « mal coiffée », donjon du château des Ducs de Bourbon construit au XIVè siècle, devenu une prison à partir du XVIIIè jusqu’en 1983. Elle a notamment servi à emprisonner les résistants pendant la seconde guerre mondiale.

De l’autre côté de la place devant un joli parc arboré, le musée Anne de Beaujeu présente les collections d’art d’Anne de France, fille de Louis XI. Et enfin juste à côté, la Maison Mantin à l’histoire surprenante. Louis Mantin, bourgeois du XIXè siècle, a légué cette maison et ce qu’elle contient à la collectivité en 1905 avec ordre de la conserver en l’état et de ne l’ouvrir au public qu’un siècle après sa mort. Après quelques restaurations, la maison a été ouverte à la visite en 2010. Musée et maison étaient fermés le lundi de notre passage à Moulins. Nous aurions adoré découvrir ce témoignage intact du passé.

Envie de boire un verre ? Attablez-vous au magnifique « Grand Café ». Une institution Art nouveau de Moulins qui a eu de prestigieux clients comme Coco Chanel, Georges Brassens ou Fernand Raynaud.

Visiter le CNCS, Centre National du Costume et de la Scène

C’est en 2006 que cette ancienne caserne installée sur les bords de l’Allier à Moulins démarre sa deuxième vie. Réhabilitée, elle abritera désormais un centre de conservation et un musée unique au monde consacré au patrimoine matériel des théâtres : le CNCS.

Conserver des costumes : tout un art !

Associé à la Bibliothèque nationale de France, à la Comédie-Française et à l’Opéra national de Paris, le CNCS compte déjà plus de 10 000 costumes et le triple d’accessoires qui viennent les agrémenter. Conserver tout cela est un réel savoir-faire technique que nous ne soupçonnions pas. À leur arrivée, les costumes sont transférés en quarantaine, traités dans une bulle plastique privée d’oxygène pour éliminer les possibles insectes, puis fichés, répertoriés, photographiés et étiquetés. Après toutes ces étapes qui prennent plusieurs semaines, ils peuvent enfin faire leur entrée dans les armoires blanches des réserves installées dans une sorte de chambre froide géante. Fascinant non ?

Évidemment, pour préserver les costumes, les réserves ne se visitent pas. En revanche, le CNCS propose une exposition permanente sur le danseur et chorégraphe Rudolf Noureev et accueille deux expositions temporaires par an.

Lever le rideau sur la scénographie

Nouveauté du printemps 2023, le CNCS a ouvert un espace entièrement dédié à la scénographie théâtrale. Baptisé « La Scène », il nous plonge dans le processus de création d’un décor de spectacle de sa conception à son installation. Une visite divisée en 3 actes : le bureau du scénographe où tout commence, les ateliers où l’on découvre les métiers de la fabrication des décors et enfin la scène dévoilant un décor de théâtre grandeur nature dans lequel on peut se balader.

Lors de notre passage, le décor de Cyrano de Bergerac de la Comédie-Française et son scénographe Eric Ruf étaient à l’honneur. Une visite coup de cœur pour les amatrices de théâtre que nous sommes !

Où loger à Moulins ?

Nous avons passé une nuit à la chambre d’hôtes Le Perron, dans une belle demeure du XIXè siècle tenue par Martine qui propose une suite tout confort. Mention spéciale pour le délicieux petit-déjeuner servi dans la véranda.

C’est par une balade sur les berges aménagées de l’Allier à Moulins que se termine notre week-end dans l’Allier. Une escapade qui allie patrimoine culturel, nature et de belles rencontres !

Cet article a été réalisé en partenariat avec Allier Bourbonnais Tourisme qui a pris en charge l’ensemble du séjour. Un grand merci à Laëtitia de l’agence Fluxus pour nos échanges et à Laura pour l’organisation de ce chouette week-end.

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