Vietnam : Sapa ou la plus belle randonnée de notre vie dans les rizières

Montagnes de Sapa, Vietnam

Trois jours sur la route des montagnes du Nord Vietnam

Pour rejoindre les montagnes et Sapa, il n’existe pas de meilleur moyen que le train. Notre séjour dans le Nord Vietnam commence donc par un long trajet en train de nuit au départ d’Hanoï, la première étape de notre voyage.

La première journée à Lao Cai étant organisée par une agence locale, ils nous ont réservé les billets de train. Nous avons partagé une cabine avec deux voyageuses et le nécessaire, couverture et coussin propre étaient compris. Prévoyez pour 8h30 de trajet, de la patience, de ne pas beaucoup dormir (hein Charlotte ?) et des cachets pour le mal des transports. Mais l’expérience en vaut vraiment la peine.

Lao Cai

Après une nuit assez folklorique, nous arrivons au petit matin à Lao Cai. Ville située à la frontière avec la Chine, c’est un point de passage obligé pour rejoindre les montagnes du Nord Vietnam et notre destination : Sapa. C’est ici que les rizières en terrasses offrent un cadre fantastique pour des randonnées. Les montagnes sont également le lieu de vie de plusieurs ethnies minoritaires dont les Hmongs que nous avons rencontré.

Nous sommes accueillies à la gare par notre guide parlant français de l’agence Indochina Land. Il est accompagné d’un chauffeur qui nous conduira toute la journée. Rappelez-vous, au Vietnam, il est interdit pour les touristes de conduire une voiture. Nous étions très gênées lorsqu’il nous a retrouvé à la gare et qu’il nous a indiqué la voiture (un énorme 4×4). On avait l’impression de détonner dans le paysage. On n’aime pas tellement organiser nos voyages avec agence, mais là, c’était indispensable dans le temps imparti et on vous explique pourquoi.

Le Marché de Bac Ha : un incontournable

Depuis Lao Cai, dans notre voiture avec chauffeur, nous montons jusqu’à Bac Ha (1h15 de trajet), petit village niché dans la montagne.

Le dimanche, c’est jour de marché et c’est pour ça que nous sommes ici ! Les Hmongs, ethnie locale, s’y rendent en masse pour y faire commerce.

Ici, il y a tout ! On peut même se faire couper les cheveux…

Marché avant tout local, on s’y déplace pour l’ambiance « typique » et pour observer les femmes Hmongs en costume traditionnel de toutes les couleurs. On en prend plein les yeux.

Ce dimanche là, c’est jour du Têt, le Nouvel An Vietnamien. Il manque de nombreux étals, notamment ceux des bestiaux, mais l’avantage c’est que peu de voyageurs ont fait le déplacement. Nous y avons passé la matinée avec beaucoup de plaisir.

100% hygiène locale !

Après la matinée au marché de Bac Ha, nous redescendons la montagne pour revenir sur Lao Cai. On s’arrête à plusieurs reprises dans les marchés du bord de la route. Merci au guide, car on a presque l’impression de payer le juste prix des produits. 5€ le régiment de bananes à Hanoï, où l’art de se faire entuber avec le sourire (c’est aussi ça, un premier voyage).

On s’arrête au poste-frontière, où notre guide nous explique les différentes guerres entre Chinois et Vietnamiens, animosité encore certaine entre les deux peuples.

Si près de la Chine…

On déjeune sur place au Viet Emotion, l’un des rares restaurant ouvert, le jour du Têt avant de reprendre la route direction Sapa.

Sapa

Il nous faut une heure pour rejoindre cette jolie ville à 1650 m d’altitude. Entourée de hauts sommets, elle surplombe une vallée de rizières en terrasses. On ne s’y arrête que quelques minutes avant que le guide et le chauffeur nous déposent un peu plus loin sur un chemin pour rejoindre à pieds notre Ecologe à Tavan. La voiture poursuit avec nos bagages et nous descendons pour une randonnée entre les rizières.

C’est alors, notre première rencontre avec des Hmongs qui ont décidé de nous accompagner le long du parcours. On trouve cela agréable d’échanger quelques mots et regards avec elles. L’une est vraiment très âgée et l’une porte dans son dos, un nourrisson. Les minutes passent et on a du mal à comprendre la raison pour laquelle, elles nous suivent.

Au milieu de nulle part, au bout du monde… un cyber café !

Quelques heures plus tard, à l’arrivée à l’Ecolodge, elles commencent à vider leurs paniers en osier remplis d’une multitude de petits sacs tissés. C’était donc une démarche purement commerciale 🙂 On sourit et on en profite pour rapporter des souvenirs pour les petites soeurs. Une première belle expérience humaine dans ce coin reculé…

Un écolodge au milieu des rizières

Nous voulions absolument passer une nuit chez l’habitant. C’est au Tavan Ecologic Homestay, au sein d’une famille que nous avons réalisé cette expérience à l’occasion du nouvel an Vietnamien. Dormir dans des cabanes de bois face aux rizières… On a connu pire non ?


Pas de chauffage, mais une énooooorme couverture.

Célébrer le Têt en famille

C’est dimanche et c’est Têt. Nous investissons la cuisine avec quelques voyageurs présents pour aider à préparer le dîner. On ne sait pas ce que l’on cuisine, mais on adore ça ! C’est surtout très étonnant de rentrer pour la première fois dans une cuisine vietnamienne.

Rien ne ressemble à la modernité dont nous disposons en France. On se régale et on passe un moment chaleureux. Notre petit bémol, c’est que la famille à la fin du repas est partie pour le temple et que nous n’ayons pas pu les accompagner. Partie remise !

J’ai froid, j’achète un pull ?

C’est ici, que nous avons eu le plus froid du séjour. Une vague de froid inattendue et historique s’était abattue sur la région quelques jours avant notre arrivée. Nous avions prévu un K-Way et un gros pull, mais là, rien n’était suffisant. Il faut savoir que dans le Nord, il n’existe aucun système de chauffage (à l’exception d’un hôtel grand luxe à Sapa). Les deux nuits que nous avons passées dans la région n’ont pas été des plus reposantes… 4 °c dans notre lodge à Tavan et l’obligation d’acheter du bois pour faire un feu de cheminée à Sapa.

Alors tu t’achètes un pull ? Eh bien, non ! La Bretonne que je suis est têtue et je savais que nous descendions dans la chaleur du Sud les jours suivant. Je n’avais pas envie d’emporter un vêtement de plus dans mon sac à dos. Donc j’ai grelotté, par bêtise…

Faire la plus belle randonnée de sa vie dans les rizières de Sapa

C’est donc là que la beauté du Vietnam s’est révélée et nous a happé. C’est ici sur les hauteurs du Nord Vietnam que les ethnies minoritaires ont façonné à la main et avec des buffles, les plus beaux paysages du monde. Parties pour une balade, nous avons vécu la plus belle expérience humaine de notre vie.

La veille, nos hôtes nous ont renseigné sur les randonnées accessibles à cette période de l’année. Au lever du jour sous un soleil magnifique, nous partons avec notre sac à dos et notre carte, bien décidées à rejoindre Sapa par les rizières.

Etre 4

On se lance sur le chemin toutes les deux. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que deux femmes Hmongs nous rejoignent et se greffent à notre randonnée. Nous leur expliquons que la veille nous avons déjà acheté des sacs et que nous ne sommes pas intéressées. Rien n’y fait, elles continuent à nous suivre. On se résigne à une balade à 4 et essayons de nouer contact. Notre G’Palémo, nous a été plus qu’utile pour nous faire comprendre. Et puis, rien ne s’est déroulé comme nous l’avions imaginé…

D’abord, parce que les rizières en début d’année, elles sont en jachères donc très boueuses. On s’est très vite retrouvées enlisées dans des chemins peu praticables. C’est là que nos deux amies ont pris les devants et nous ont aidé à franchir les rizières, en marchant sur les rebords. Charlotte a tout de même réussi à perdre sa chaussure dans la boue, ce qui a été l’occasion d’un fou-rire collectif.

Plus les heures passent et plus l’expérience devient magique. Les paysages sont sublimes et les échanges avec les deux femmes, que nous comprenons être mère et fille, de plus en plus intenses. Nous sommes complètement livrées à elles, au milieu d’un endroit inconnu, en dehors du sentier balisé par notre carte.

Dire oui

Elles nous proposent de nous arrêter chez elles pour le déjeuner au prochain village sur notre chemin. Curieuses et polies, nous acceptons. Nous découvrons une maison spartiate qui ressemble à une grange de ferme. Au sol, de la terre battue. Il n’y a pas de meubles et le feu de bois est au coeur de la pièce à vivre.

C’est un choc d’être là, mais qu’est ce que l’on est heureuse de vivre ça. On déjeune à 4 autour d’une table de fortune, sur un petit tabouret. Au menu, du riz et une préparation à base de porc. On mange tout, même si nous sommes peu habituées à croquer les petits os… L’expérience est mémorable.

En début d’après-midi, nous reprenons la randonnée dans un décor différent. Les rizières derrière nous, nous entrons dans un paysage plus montagneux. La balade devient tout de suite plus physique.

Nous avions donné à nos deux accompagnatrices, la destination de Cat Cat, car nous logions au Cat Cat View Hotel. Elles nous arrêtent donc au village de Cat Cat en milieu d’après-midi. Embrassades fortes en émotion, nous n’achetons aucun des produits qu’elles veulent nous vendre, mais nous sommes généreuses. Minimum contribution au bonheur qu’elles nous ont offert lors de cette journée.

« It’s a long way home »

Après nous être renseignées, il s’avère que le Cat Cat View, n’est pas au village de Cat Cat mais dans le centre-ville de Sapa, à plus de 3 km, tout là-haut. Les trois derniers kilomètres des 18 sont les plus durs, à bout de souffle et aux jambes coupées. Par chance, nous effectuons la montée en deux fois, car nous trouvons l’unique restaurant du coin et nous nous y arrêtons quelques minutes pour se restaurer.

L’atmosphère se rafraîchit au soleil couchant quand nous arrivons à l’hôtel et que nous retrouvons nos bagages à l’accueil. Nos hôtes de la veille, devant monter à Sapa pour faire des courses, avaient proposé d’apporter nos sacs à l’hôtel (un vrai bonheur).

On se réchauffe autour du feu de cheminée de la chambre après avoir déposé à la laverie nos baskets et pantalons boueux. Nous dînons au restaurant de l’hôtel et nous couchons heureuses et encore émues de la journée.

On peut le dire, nous avons fait la plus belle randonnée de notre vie dans les rizières de Sapa !

Journée contemplation

La journée du lendemain est moins physique. Nous parcourons la ville de Sapa toute la matinée puis décidons de profiter du soleil à la terrasse du café In the Clouds, ça ne s’invente pas ! La vue est tellement magnifique sur les montagnes embrumées que nous y passons une partie de l’après-midi à bouquiner.

En fin d’après-midi, il est déjà temps de quitter notre nuage et la montagne pour redescendre vers Lao Cai et reprendre le train couchette vers Hanoï.

La suite de notre voyage est par ici -> la baie de Lan Ha, petite soeur d’Along.

Nos trois jours dans les montagnes du Nord ont été magiques.
Une expérience humaine qui nous aura marqué à jamais. Un peu notre « rendez-vous en terre inconnue » à nous…

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