Lémurien dans un arbre, Madagascar
Madagascar

Un mois à Madagascar : notre itinéraire entre brousse et îles paradisiaques

Madagascar, c’est un condensé de toutes les richesses du monde. Des paysages sublimes : mer turquoise, plage de sable fin, rizières à perte de vue, forêts denses et tropicales, savane ; des animaux (les fameux lémuriens) et espèces végétales que l’on ne trouve que sur l’île. Mais, c’est aussi et surtout, l’âme malgache (malagasy pour les locaux), riche de croyances où l’on cultive le souvenir et les traditions des ancêtres. Nous avons posé le pied sur la grande île perdue au large de l’Afrique pour une aventure de 30 jours, avec des amis en août 2019. Nous rêvions de la fouler tellement elle nous fascinait. C’était notre toute première fois sur le continent Africain.

Madagascar, rien que le mot faisait résonner en nous, des envies d’aventures et d’évasions. Il y avait pour nous, une urgence à préparer notre sac à dos et découvrir ce pays, où tout est possible mais tellement improbable.

Voyager à Madagascar, c’est apprendre à regarder la pauvreté en face, à faire à certains moments, sans eau, sans électricité mais surtout accueillir avec bonheur la générosité d’un peuple, les sourires des enfants qui crient « Vazaha » (l’étranger en malgache) et accepter d’être « un peu » (beaucoup) le centre de leur attention.

Dans cet article, on vous dévoile notre itinéraire d’un mois, les conseils avant votre départ et on vous proposera très bientôt un article par étape pour vous donner tous les détails de notre séjour. Vous êtes prêts ? C’est parti !

Madagascar : tout savoir avant de partir

C’est où Madagascar ?

Madagascar est une île située à 400 km à l’Est de l’Afrique dans l’océan Indien, séparée du continent par le canal du Mozambique. Au Nord, on retrouve l’archipel des Comores dont l’île de Mayotte et les Seychelles et à l’Est, l’île de la Réunion et l’île Maurice. Madagascar a une superficie de 587 000 km2, soit la France, la Belgique et le Luxembourg réunis (rien que ça !). Elle a donc plusieurs climats et plusieurs régions. A noter que Madagascar est la cinquième plus grande île du monde.

Madagascar et la France, une Histoire forte et complexe

Indépendante depuis 1957, Madagascar a été pendant plus de 70 ans sous occupation Française. De cette histoire commune, elle a conservée l’utilisation de la langue française comme l’une des langues officielles du pays et de nombreuses villes dont Diego Suarez sont empreintes de France.

En 1970, Madagascar était alors considérée comme « la perle de l’océan Indien ». Elle avait tout pour réussir sa mutation : des sols riches et fertiles grâce aux climats variés (tout pousse ici) , une faune et une flore uniques au monde (coucou les lémuriens). Mais voilà, la décolonisation peut-être mal préparée et des politiques avides de pouvoir et d’argent l’ont faite s’écrouler.

(Et non, nous ne sommes pas à Paris !)

Aujourd’hui, Madagascar, c’est le 5ème pays le plus pauvre au monde. 80% des malgaches vivent avec moins de 1,67€ par jour, 50 % non pas accès à l’eau potable et beaucoup vivent dépendant de l’aide internationale dans une pauvreté omniprésente.

L’arrivée d’un nouveau chef de l’Etat en 2019 relance l’espoir des Malgaches à des jours meilleurs. Le déploiement des infrastructures routières est une priorité absolue pour permettre le développement du tourisme.

Une vraie savane africaine. Il ne manque plus que les big 5 ! Mais ici, seul Dieu sait pourquoi il y a des lémuriens mais ni girafe, ni lion, ni zèbre…

Point sécurité !

Lorsque l’on prépare un voyage à Madagascar, la première question que l’on se pose c’est si ce voyage est sans danger. Car effectivement avec nos yeux d’européens, on peut se poser de nombreuses questions. Pour répondre très simplement, ça dépend de vous !

Madagascar n’est pas un pays dangereux, il y a de la délinquance et de l’insécurité comme dans beaucoup d’autres pays du monde. Mais, effectivement, vous êtes dans le 5ème pays le plus pauvre au monde. A vous d’adopter des comportements de prudence. Eviter d’exhiber votre richesse matérielle (montre, bijoux), soyez respectueux des coutumes et des interdits du pays, ne sortez pas seul la nuit par exemple.

Les conditions sanitaires sont compliquées et les structures peu développées. L’eau n’est pas souvent potable, vous devrez donc systématiquement acheter de l’eau en bouteille et vous équiper d’une trousse à pharmacie généreuse avant votre départ. A noter qu’aucun vaccin n’est obligatoire mais qu’un traitement antipaludique est conseillé.

Comment s’y rendre ?

Depuis la France, comptez 12h d’avion. Nous avons voyagé avec Air France en vol direct depuis Paris CDG jusqu’à la capitale Antananarivo. Un vol pour Madagascar, ça se mérite car le billet d’avion est onéreux (à cette période de l’année, il nous a coûté 1300€/pers A/R). L’avantage d’un voyage au sud du continent africain, c’est que vous avez peu de décalage horaire, comptez 1h en été et 2h en hiver.

Pour vous rendre à Madagascar, il vous faut un passeport valable 6 mois après votre date de retour et un visa obligatoire et payant à 35€, valable pour 90 jours sur le territoire malgache et qui vous sera délivré à l’arrivée à l’aéroport.

La période ?

Madagascar est une île tellement grande que l’on peut parler de plusieurs climats. Août était la saison idéale pour explorer le Nord du pays sans craindre la chaleur et surtout pouvoir admirer le passage des baleines à bosse au large de l’île Sainte-Marie. A cette saison, c’est l’hiver austral.

Le budget ?

Le coût de la vie est faible, voire même très faible si vous voyagez simplement (taxi-brousse, logement dans des petits hôtels..). Pour la catégorie plus chic, par exemple sur l’île de Nosy Be, cela vous coutera aussi cher qu’en France. Vous le comprendrez, avoir la lumière dans votre logement et une douche chaude, ça a un coût.

On ne manquera pas de vous mettre quelques idées de prix dans chacun de nos articles. Pour vous donner une idée, un voyage d’un mois, tout compris par personne, nous a coûté 4300€.

Comment payer ?

La monnaie locale est l’Ariary. 1€ = 3500 Ar. Il vous faudra prévoir de l’argent liquide pour tout. La carte bancaire est rarement acceptée, même dans les hôtels. Et si, elle l’est, c’est à vous de payer les frais bancaires qui peuvent être exorbitants. Alors un conseil, anticipez vos besoins et prévoyez de grosses coupures ; un billet de 50€ ou 100€ à un meilleur taux de change qu’un billet de 20€. Autre conseil, soyez souple sur les méthodes de change. On avoue que ça nous a fait bizarre de nous rendre au comptoir d’une bijouterie pour changer nos Euros en Ariary, mais à Madagascar, il faut savoir s’adapter.

Organiser son voyage à Madagascar

Comment circuler ?

Voyager à Madagascar, c’est dire non au tourisme de masse. C’est avoir envie d’aventures et d’évasion, accepter de ne pas avoir toujours accès à l’eau et à l’électricité et surtout apprendre à se déplacer lentement avec des moyens de transport chaotiques.

Les routes sont dans un état tellement déplorables, seulement 10 % des routes sont goudronnées et toujours pleines de nid de poule, qu’il peut vous falloir par endroit, plus de 3h pour faire 60 km en voiture… Les distances s’évaluent en temps de trajet et non en kilomètres et sans compter les pannes. A Madagascar aucun trajet n’est acquis, même lorsque vous êtes sur une route Nationale et c’est ça qui fait aussi le bonheur de ce voyage, on prend le temps. Nous avons utilisé tous les moyens de transports possibles : 2 vols internes, des taxi-brousse, un 4×4 avec chauffeur (Il faut faire preuve de zèle pour envisager de conduire), le bateau, le tuk-tuk, la charrette à zébus 🙂 . On vous recommande vivement de prévoir les cachets pour le mal des transports (c’était vital lors de ce voyage).

Faire appel à un guide local

Habituellement, tous nos voyages sont concoctés par nos soins à l’aide de conseils de blogueurs et de guides voyages. Pour Madagascar, nous avons décidé de faire confiance à Didi. Didi est un guide national diplômé qui nous avait été recommandé par une amie. Avant de partir, nous avons établi avec lui par mail et par skype, le circuit de notre séjour en fonction de nos envies.

Sur place, Didi a pleinement fait parti de notre voyage. C’est grâce à lui que nous avons pu vivre dans une famille malgache en pleine brousse pendant 48h, c’est aussi lui qui nous a trouvé un bateau pour nous rendre à Nosy Be et encore lui qui a trouvé une nouvelle batterie pour notre 4×4 en panne. Didi, qu’il nous arrivait même parfois d’appeler Dieu, a su nous accompagner, nous apprendre, nous surprendre et nous comprendre. Il savait être là quand nous avions besoin de lui mais également nous laisser la distance nécessaire pour vivre notre voyage.

Didi, c’est un homme à l’histoire passionnante et inspirante et une rencontre formidable. Un entrepreneur qui a su monter sa boîte en partant de rien (et c’est peu de le dire…), tout en prenant soin de son épouse et de ses deux enfants. C’est un homme honnête, intègre, ouvert d’esprit, pleinement impliqué dans le développement de son pays et dans son combat pour une éducation pour tous.

Avec lui, nous avons vécu une expérience humaine unique et grandiose !

1 mois à Madagascar : notre itinéraire

Nous avions de nombreuses envies à la préparation de ce voyage : nous immerger dans la culture locale, admirer le passage des baleines à bosse au large de l’île Sainte-Marie, prendre le temps de vivre sur les plages paradisiaques de Nosy Be, visiter les plantations de vanille. Très rapidement, nous avons donc opté pour un séjour dans le Nord du pays, hors des circuits de visite traditionnels.

#1 : Premiers instants à Madagascar, la découverte du parc d’Ankarafantsika

[Tana – Amboaboaka => 480km – 8h de trajet en taxi-brousse]

C’est donc à Antananarivo, dit Tana, la capitale de Madagascar, que nous avons posé le pied pour la première fois en Afrique. Nous rencontrons Didi notre guide puis c’est déjà l’heure du grand départ avec notre premier taxi-brousse, le long de la Nationale 4 ! Corinne, guide locale, nous fait découvrir le parc d’Ankarafantsika, sa foret sèche, sa savane, son canyon, ses lémuriens et les plus hauts baobabs de l’île. Dans cet article, on vous racontera nos premières fois, on parlera des goûts musicaux des malgaches et de nos premières cuillères de riz.

Une nuit à Tana : Chez Jeanne
2 nuits dans le village d’Amboaboaka à quelques kilomètres du parc : Tia Asiaty Lodge

#2 : 48h immergés chez l’habitant en pleine brousse

[Amboaboaka – Tanetilava => 170km – 4h de trajet en taxi-brousse]

Le moment fort de notre séjour, c’est bien l’immersion dans le quotidien d’un village de brousse pendant 48h dans le village de Tanetilava, le long de la Nationale 6. Ici, nous avons partagé simplement, les activités aux champs, les repas et avons vécu notre moment « Beyoncé » à la sortie de l’école du village. On vous parlera de rizières, d’une rhumerie clandestine et de la meilleure douche du monde.

2 nuits chez l’habitant dans une case au coeur du village de Tenetilava

#3 : Dans le bleu des îles de Nosy Be

[Tanetilava – Ambanja => 380km – 10h de trajet en 4×4]
[Ambanja – Port d’Ankify => 27km – 1h de trajet en 4×4]
[Port d’Ankify – Port de Hell-Ville => 45 min de trajet en bateau rapide]

Changement de décor et changement d’ambiance. Bienvenue au Paradis. Pendant une semaine, nous avons gouté au grand luxe à Nosy Be. Décor paradisiaque, farniente au bord de la piscine et de la plage, sommeil réparateur et repas gastronomique. On vous fera rêver avec la plongée de Charlotte, notre balade avec Baleines Rand’eau et notre escapade sur l’île de Tanikely et Nosy Iranja.

Une nuit au Khair Lodge à Ambanja (avant de prendre le bateau pour les îles)
3 nuits sur pilotis à l’Heure Bleue
3 nuits dans la cabane de Jean-Marc, les Hauts Manguiers

#4 : La réserve spéciale d’Ankarana et les Tsingy rouge, merveilles de Madagascar

[Port de Hell-Ville – Port d’Ankify => 45 min trajet en bateau rapide]
Port d’Ankify – Ankarna=> 230 km – 5h de trajet en 4×4]

Nous reprenons le chemin de la baroude en visitant des plantations de café, de cacao et de vanille avant de partir à la découverte des Tsingy gris dans la réserve spéciale d’Ankarana et des Tsingy rouge, des formations karstiques uniques et magnifiques. On vous parlera de la tradition du retournement des morts et de l’accident de notre drone.

2 nuits chez Laurent à l’entrée de la réserve spéciale d’Ankarana

#5 : Dans la région de Diego Suarez entre la montagne d’Ambre et la mer d’émeraude

[Ankarana – Diego Suarez => 140km – 7h de trajet en 4×4]

Nous sommes à la moitié de notre séjour à Madagascar quand nous arrivons à Diego Suarez, la plus française des villes malgaches. Deux excursions sont au programme de notre séjour : une journée sur la mer d’Emeraude et une randonnée dans le parc national de la Montagne d’Ambre avec Flavie. Dans cet article, on parlera du plus petit caméléon du monde, d’une sieste en pleine mer et d’un petit-déjeuner au camembert.

3 nuits au Kartiffa Hotel à Diego Suarez

#6 : Expédition à la dure dans le Parc National de Marojejy

[Diego Suarez – Sambava => Vol interne d’1h avec Tsaradia]
[Sambava – Début du parc de Marojejy => 1h de trajet en 4×4]

Amoureux de la nature et friands d’aventures ? Bienvenue au Parc National de Marojejy. A 60 km de Sambava, Marojejy est surement le plus beau parc de l’île mais également l’un des plus difficile d’accès. Ici, rien ne s’improvise. Il faut prévoir une expédition bivouac pour vous y conduire et prévoir minimum deux jours sur place. Dans cet article, on vous racontera la journée et la nuit la plus longue de notre vie et la découverte de l’or brun : la vanille.

Une nuit en bivouac au Camp Mantella en plein coeur du parc
3 nuits chez Mimi Hôtel à Sambava

#7 : Rencontrer les baleines à bosse sur l’île Sainte-Marie

[Sambava – Tamatave => vol interne d’1h30 avec Tsaradia]
[Tamatave – île Sainte-Marie => périple d’une journée en taxi-brousse et bateau]

L’île Sainte-Marie, petit paradis difficilement accessible fut longtemps le repaire des corsaires et des pirates. Aujourd’hui, c’est le lieu idéal entre fin-juin et et mi-octobre pour apercevoir le passage des baleines à bosse. Un rêve que nous avons exaucé grâce à l’association Cetamada. Dans cet article, on vous parlera de nos larmes de joie et d’émotions lors du premier souffle d’une baleine et de l’araignée la plus grosse jamais rencontrée…

2 nuits dans une paillote sur la plage à l’hôtel Paradise

On vous parlera aussi de notre chemin retour vers Tana. Après un trajet interminable (19 h) et semé d’embûches entre l’île Sainte-Marie et le parc Andasibe (que nous ne visiterons donc malheureusement pas), nous voilà à Antananarivo. La capitale de Madagascar a peu de choses à offrir mais elle est un passage obligé pour repartir. Attention en revanche à l’insécurité ! C’est la seule ville de notre aventure où on ne s’est pas toujours senties à notre aise… Heureusement, nous avons fait confiance à Dodo Travel pour nous organiser une journée de visite de la ville. Entre Histoire et shopping frénétique pour faire le plein de souvenirs en marqueterie.

Une nuit dans le magnifique écolodge Mantadia Lodge à l’entrée du parc Andasibe
Une nuit à Tana au Rova Hôtel

Jamais un voyage ne nous aura autant touché que celui-ci et surtout jamais un voyage ne nous aura autant fait réfléchir sur nos conditions de vie. Madagascar ou le plaisir infini de celui qui ne s’attend à rien et donc à qui tout peut arriver. Il ne nous tarde que d’une chose ? Y retourner !

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